Philippe Sireuil nous livre ici un véritable trésor. Alors comment le décrire quand tout a semblé parfait? La lumière est d’une précision chirurgicale, la scénographie est tout simplement incroyable, et d’une richesse! On découvre tout au long du spectacle des choses nouvelles à regarder, de petits détails pas si insignifiants que cela, et que l’on n’avait pas remarqué jusqu’alors tant la tension était forte. Et c’est là toute la force des comédiens. Quel sens du rythme! Quelle puissance! Quelle énergie!

L’ambiance est intense, elle tient en haleine jusqu’au dernier mot, tout le texte résonne – sans pourtant qu’on aie l’impression de force, à croire que c’est d’une simplicité enfantine – et envahit la salle! Incroyable! Le temps raccourcit, l’espace aussi, et on finit littéralement par se retrouver à côté de cet assassin tourmenté et incertain, entre ses doutes, son revolver et ses photos d’enfances. On se tend, on se questionne avec lui. Qui a raison, qui a tort?

Et tout cela, tout cet esthétisme, cette énergie, cette qualité de jeu au service de gigantesques questions : la fin justifie-t-elle les moyens? L’homme ou la société? L’actualité de la pièce, malgré la distance due tant à l’histoire (et au contexte dans lequel le texte a été écrit) qu’aux symboles représentés, fait presque froid dans le dos…

Et pourtant… pour le spectateur, ça reste très « confortable » : on n’en sort pas blessé, ni meurtri. Secoué, interloqué et incroyablement satisfait de l’avoir vu, ça oui! Mais ni démoli, ni désespéré de la race humaine, ni écœuré. On a passé une très bonne soirée, avec du rire, de la tension psychologique, de grandes questions et beaucoup, beaucoup de sentiments. Du très grand art. Tout simplement merveilleux.

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