Seul en scène émouvant, « L’homme-semence » résonne comme un appel à la vie. Ce témoignage, entre réalité et fiction, laisse entendre une langue fabuleuse et claire.

L’histoire est douce et tient en deux lignes : lors de la répression qui suit le soulèvement de Louis-Napoléon Bonaparte, en décembre 1851, tous les hommes d’un village des Basses-Alpes partent. Comment s’organise alors la survie de la communauté? C’est ce que raconte le texte de Violette Ailhaud : la vie des femmes abandonnées dans ce village, jusqu’à l’arrivée d’un homme qu’elles se sont promises de se partager, et la relation qui naît entre Violette en âge de se marier, et lui.

La mise en scène et la scénographie sont aussi sobre que le texte n’est beau. Sur scène, une chaise, un panier d’osier d’où un parachute coloré que la comédienne (Marie Avril) utilise pour symboliser ici un champ, là une couverture sur une bande-son poétique signée Daphné D’Heur. Petite déception toutefois dans le rythme très lent du spectacle, à la limite du contemplatif, marqué par l’alternance de texte et de passages de mouvements avec la toile-parachute parfois un peu longs et répétitifs.

La récitante est impressionnante : sa voix porte avec une simplicité apparente des sentiments d’une grande complexité. Son travail est net, précis, et s’appuie sur une énergie forte et soutenue. Au vu de la grande maîtrise dont elle fait preuve, le lyrisme semble réservé à la langue qu’elle donne à entendre avec une grande clarté.

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