Ou pourrait-on dire « le football, ce spectacle ». Sur base de trois histoires, trois « mythes » du ballon rond, ce spectacle-conférence propose d’ouvrir des pistes de réflexions éthiques, morales et humaines, d’analyser le comportement humain lorsqu’il est mis en jeu, celui du sport et non celui du théâtre.

Maradona, Zidane, et Plattini. Même pour ceux qui ne sont pas footeux, ces noms sont évocateurs. Et si les noms ne parlent pas, les images réveilleront à coup sûr la mémoire. Choix intelligent de mise en scène que d’utiliser les vidéos pour remettre les compteurs à zéro : ainsi, chaque spectateur peut partir d’une même vision. Au-delà, tout va vers la simplicité : costume sobre, mobilier réduit au strict nécessaire, accessoires peu nombreux, et pour tout décor, un ballon au centre du plateau. Même le ton du comédien, qui semble s’adresser directement à nous, appelle l’attention de la même manière qu’une conversation de salon dynamique et intéressante.

Mais il ne faut pas se laisser duper, cela reste un spectacle. Denis Laujol l’a bien prouvé. Imperturbable face à un public si réactif qu’il en devient parfois envahissant, il maintient le cap de son texte, garde le fil et s’amuse à son jeu d’imitation ici d’un joueur, là d’un commentateur. Et tout y passe, de la citation à la critique lancée avec ironie. Mais comme il le dit, le show, c’est sur l’écran qu’on le voit.

Et une fois décortiqué par l’œil philosophe d’Olivier Pourriol, il laisse apparaître un réseau humain qui met en jeu les idées de bases de la tragédie : l’hubris, ce péché d’orgueil, ou un désir d’immortalité digne du Péléide. La comparaison au répertoire dramatique est d’ailleurs reprise à différents moments. Et bien que le regret du texte, qui ne propose que des pistes de réflexion sans pousser en profondeur, subsiste, il est indéniable qu’il est efficace auprès d’un public scolaire et il doit certainement constituer une belle approche pour développer une pensée.

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