Onze hommes nus, dansant au rythme de nappes de bruits, cela relève d’une expérience esthétique et intellectuelle qui vaut d’être vécue. Si la narration reste indistincte, l’ambiance anxiogène et oppressante était une réussite indiscutable.

Anima Ardens, comprenez « l’âme ardente », est une de ces incroyables performances d’artistes d’où on ressort avec plus de question qu’en entrant. Le travail fourni par la Compagnie Thor est physiquement impressionnante : l’effort est d’une telle intensité qu’on ne peut s’empêcher de penser aux danseurs qui doivent le rejouer le lendemain.

La mise en scène hospitalière et la scénographie sonore, car on ne parle plus de musique, créent un sentiment d’oppression qui, appuyée par les souffles et cris des performeurs, donnent une atmosphère complètement anxiogène au spectacle entier. Et, pour ne rien perdre de cette ambiance, le studio semble avoir été complètement habillé dans cette optique, avec une immense fresque à la limite de l’art brut dans le hall d’accueil.

Néanmoins, la nudité des danseurs était-elle essentielle? La question reste ouverte, car il reste difficile de préciser quelle en était la réelle utilité. Difficile également de préciser les thématiques abordées par le chorégraphe sans avoir lu le programme : si beaucoup de passages étaient très évocateurs, il semblerait que cela soit resté dans des interprétations très personnelles.

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